Les nouvelles de Bobo
Posted by Samuel R on August 6th, 2009
Bonjour à tous ou Ani sogoma (bonjour le matin en djoula),
Déjà 5 semaines se sont passées depuis que j’ai quitté le Québec. Plus que 4 à faire au Burkina. Ma première impression en arrivant à Ouagadougou … pffff trop chaud J!!! Disons que j’ai sué pour la peine durant la première semaine!! Je suis en stage à REVS+ à Bobo depuis le 1er juillet. Bobo c’est plus frais et plus vert qu’à Ouaga, donc je m’y plais. Passé les premières impressions sur la chaleur, ce qui frappe au Burkina c’est la chaleur des gens et leur force de caractère. J’ai été merveilleusement accueilli partout où je suis passé, vraiment ce qui m’enchante ici ce sont les rencontres, au coin de la rue, au travail, au maquis, en visite, partout. Souvent, malgré de faibles moyens, ils sont prêts à tout pour t’aider, t’accueillir comme il se doit. J’ai pu l’expérimenter lors d’une mésaventure. Je me suis fait cambrioler à mon logement. Difficile à vivre chez soi, l’expérience aurait bien pu tourner au cauchemar ici, mais j’ai tellement reçu d’aide et de soutien de mes amis ici que j’ai rapidement pu me concentrer sur autre chose. Vraiment tout le support que j’ai reçu, de tous ces gens que parfois je ne connaissais même pas, a été incroyablement réconfortant.
Côté stage, ça se passe bien. Je commence à être familier avec le fonctionnement de l’Association du moins avec la prise en charge médical des PPVIH (personne vivant avec le VIH). J’ai d’abord passé une semaine à la pharmacie, à assister aux animations et à la distribution des traitements antirétroviraux (ARV). J’ai aussi participé à la distribution de médicament sur ordonnance. La semaine suivante et les autres, je les ai passées au Centre médical à observer les consultations des bénéficiaires, le dépistage et les préparations au traitement ARV. Vraiment, ici le personnel de l’association fait un travail formidable. Ils ont peu de moyens, donc ils font énormément avec peu de matériel. Et je ne vous parle pas des cas auxquels ils ont à faire face quotidiennement. La complexité des situations sociales avec lesquelles ils ont à jongler est parfois inimaginable. Par exemple, une bénéficiaire qui vit avec son conjoint, mais celui-ci n’est pas au courant du statut sérologique de sa femme. Elle ne lui dit pas parce qu’elle a honte et peur des représailles. L’inverse est encore plus bouleversant, un homme infecté n’a pas parlé de son statut à sa femme qui allaite ou qui est enceinte. Dans cette situation il devient alors urgent que la femme soit mise au courant afin qu’elle soit prise en charge ainsi que son enfant pendant qu’il est encore temps. Les membres du personnel m’ont épaté par leur calme et leur aptitude à dénouer ce genre de situation. Il faut dire que ces situations sont fréquentes, trop fréquentes. J’ai aussi pu faire la visite des malades à l’hôpital universitaire de Bobo le CHU Sanou Sourau. Confrontant comme visite, je me sentais vraiment impuissant devant les malades pour qui au Canada les choses auraient été différentes. Un autre problème important ici est que les gens tardent à consulter quand ils sont malades, ce qui amène des situations difficiles tant pour les soignants que pour les malades puisque souvent la maladie a eu le temps de s’intensifier.
Pour les prochaines semaines, je continue mon travail au centre médical et je tenterai d’apporter ma contribution en rencontrant des bénéficiaires qui ont tardé à consulter pour identifier avec eux les principales raisons qui justifient leur retard de consultation. Je tenterai également d’explorer avec eux certaines pistes de solution s’ils en ont à proposer. Pour que REVS+ puisse bénéficier de mes entretiens je produirai un petit document qui synthétisera mes principales constations. Aussi, dans le but de poursuivre mon expérience interculturelle, j’irai probablement passer une semaine dans un village en périphérie de Bobo afin de m’exposer à la réalité médicale rurale au Burkina. La confirmation de ce projet reste à venir. Je vous en reparlerai donc une fois au Canada. J’aurais bien aimé vous faire parvenir des photos avec ce texte, mais on m’a volé mon appareil, vous devrez donc vous imaginer les paysages de Bobo-Dioulasso!! Voilà… je vous souhaite une bonne continuation!

