La vie à La Molina
Posted by Camille Provencher on July 15th, 2011
Cela fait plus de deux mois que je suis arrivée à Lima. J’ai l’impression que cela fait une éternité tellement je me sens chez moi ici, et en même temps, ces dernières semaines m’ont semblé passer très vite en raison de mon horaire du temps très chargé. Avant d’arriver ici, je pensais m’ennuyer un peu de rester dans la même ville pendant trois mois et de ne pas pouvoir voyager beaucoup à travers le Pérou. Mais finalement, il y a tant de choses à découvrir à Lima et aux alentours que mes trois mois ne me suffiront pas pour tout voir, surtout parce que je ne peux voyager que durant les fins de semaines. Cependant, mes semaines de travail sont loin d’être ennuyantes. J’adore les enfants de la garderie et les gens avec qui je travaille. Pendant les premières semaines, j’ai surtout travaillé auprès des enfants en apportant un soutien aux éducatrices qui avaient une charge de travail plus lourde. Depuis quelques jours, je travaille plutôt avec la directrice afin de la soutenir dans ses tâches administratives. Cependant, lorsqu’on a besoin de mon aide avec les enfants, j’interromps mes tâches administratives pour aller dans les locaux de la garderie ou dans la cour de récréation. J’aime beaucoup le mélange des deux types de tâches parce que j’ai l’impression qu’elles suscitent différentes compétences que je possède et qui peuvent être utile à la garderie de Viña Alta. Par contre, j’ai rapidement réalisé que le travail que j’accomplie ici n’a pas beaucoup de portée à long terme. Il s’agit strictement d’un appui temporaire qui terminera avec mon départ. Pour cette raison, et après en avoir discuté avec mon coordinateur de SUM Canada / WUSC, ainsi qu’avec la directrice de la garderie, j’ai commencé à réfléchir à quelques idées de projets qui me permettraient de laisser une empreinte plus durable. J’ai proposé à la directrice de construire des gabarits dans Word, faciles à utiliser et uniformes, pour certains types de documents qu’ils utilisent de façon régulière et avec lesquels ils perdent souvent beaucoup de temps en ce qui a trait au formatage, ce dont je me suis rendue compte la semaine passée. Je pense que mes connaissances du logiciel Word que j’ai acquises durant mes années d’étude et de travail à l’université pourront beaucoup aider à ce niveau et éviter la perte de temps inutile à l’avenir. En ce qui a trait à mon expérience en-dehors de mon travail, tout va extrêmement bien. Comme je l’ai mentionné, il y a une tonne de choses à découvrir ici. Aussi, j’ai été très bien accueillie dans ma famille d’accueil. Dès le début, on m’a réellement fait sentir comme un membre de la famille. Je me sens très à l’aise et j’ai beaucoup de plaisir à manger et à veiller avec eux. Tous se montrent à la fois très intéressés à en apprendre plus sur moi et sur ma culture, et très enthousiastes à me faire découvrir la leur. De plus, la nourriture que me prépare la señora est excellente, je mange vraiment bien ici. Il en est de même pour les dîners que je prends à la garderie. Par ailleurs, à la garderie, non seulement j’adore mon travail, mais j’ai également eu l’occasion de faire des activités à plusieurs reprises avec mes collègues. J’ai également participé à une randonnée, quelques semaines après mon arrivée, avec une autre coopérante de SUM Canada à l’intérieur d’un groupe de randonneurs péruviens. Cela m’a donné l’occasion de rencontrer plein de gens très sympathiques avec qui j’ai également fait des activités en-dehors du travail. Je me suis aussi inscrite à un gym près de chez moi où je m’entraîne et suis des cours de danse. Par ailleurs, les élections qui ont eu lieux au début du mois de juin m’ont donnée l’occasion de vivre un moment important pour le Pérou et ce, avec des Péruviens, ce que je considère être un privilège inestimable pour toute personne qui s’intéresse à la politique.
Bref, je ne m’ennuie pas du tout ici et je me sens très bien intégrée dans mon milieu. Je commence même à redouter la tristesse que je ressentirai en retournant au Québec. Ce n’est pourtant pas parce que tout est beau et facile ici. Au contraire, chaque jour je suis confrontée à des différences culturelles qui m’affectent à différents niveaux. Cependant, je crois parvenir à faire face à ces différences avec beaucoup d’ouverture d’esprit et de sérénité.
Un seul aspect continue à me déranger et à me mettre souvent mal à l’aise sans que je sache comment corriger cette situation : l’omniprésence de la religion. Je ne sais jamais trop comment réagir quand je me retrouve à la table avec des personnes qui font une prière avant de commencer à manger. Par exemple, ma famille d’accueil sait que je ne suis pas croyante. Je me sentirais donc hypocrite de joindre mes mains et de dire amen avec eux. Je ne fais donc que garder le silence. Je ne sais pas s’ils préféreraient que je prie avec eux. Peut-être que cela les dérange que j’agisse ainsi devant la petite fille de la maison puisque cela donne un mauvais exemple. C’est un peu le même problème à la garderie. Les enfants se font chicaner s’ils ne font pas la prière et s’ils ne chantent pas les chansons parlant de Dieu. Je n’arrive toutefois pas à me résoudre à me plier à ces « normes » parce que cela va contre des valeurs fondamentales qui me sont chères. Personne ne m’a encore posé de question, mais je suis décidée à leur expliquer mon point de vue si cela se présente. Je compte le faire toutefois avec beaucoup de respect à leur égard parce que je sais qu’il n’y a pas de mauvaise intention de leur part : il s’agit de la façon dont ils ont été élevés. Je sais que lorsque ma mère d’accueil me bénie avant que je sorte ou s’assure que j’aie un chapelet sur moi pour me protéger, c’est fait avec la meilleure intention du monde. Je lui en suis reconnaissante. Mais je ne peux m’empêcher d’éprouver un malaise.
Je joins ici quelques photos de la garderie et des enfants.





